Argentine – Buenos Aires

Comme trop souvent, nous arrivons tôt le matin et devons attendre quelques heures avant de check-in (en l’occurrence arrivée à 8h, check-in 14h). C’est plutôt chiant d’attendre étant donné l’état de fatigue que provoque une nuit de bus. Il faut passer outre cette situation compliquée et rester heureux dans la vie. Cela nous permet de tester la connexion Internet de l’hôtel pour essayer de mettre à jour le blog. Mince, la connexion est vraiment nulle à chier, c’est tout juste si l’on peut lire les news de l’équipe.fr. Trop frustrant pour nous, et nous décidons donc d’aller prendre l’air jusqu’à 14h. Nous commençons notre découverte de la ville par le quartier San Telmo dans lequel notre hôtel se trouve.

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C’est ici que toutes les boutiques d’antiquaires se trouvent ainsi que quelques fameux lieux religieux. C’est passable mais malheureusement, tout ce qui touche à l’art et à Jésus c’est pas trop notre délire. Nous retournons à l’hôtel pile à l’heure afin de prendre nos plumards en bas des lits superposés du dortoir. C’est beaucoup mieux que d’être en haut, car avec des draps ainsi que des serviettes, on peut se faire des cabanes pour se cacher des lumières et que les gens ne voient pas notre gueule lorsque l’on dort. Malin. Une fois notre business mis en place, nous sommes ready pour aller dans le centro. La promenade nous amène à voir la casa rosada sur la plaza de mayo, la banque nationale, le quartier d’affaires (dit microcentro) ainsi que l’avenue 9 de Julio et son obélisque.

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Cette avenue est d’ailleurs la plus large du monde avec ses 140 mètres. Bizarrement, avant d’arriver à l’obélisque, nous entendons un bronx monstrueux. En se rapprochant, nous voyons des centaines de supporters argentins qui fêtent encore la défaite. Drôle de situation. Après étude de la situation et à la vue de la gueule des types, ce sont surtout des banlieusards qui en profitent pour jouer les casseurs. Ce qui sera vérifié plus tard sur la TV aux infos. Nous terminons cette journée par la visite d’un Carrefour afin d’y acheter quelques provisions pour nos futurs repas à l’auberge. Bizarrement, nous optons pour des pâtes, de la viande hachée, des poivrons, de la crème… Nos fidèles lecteurs s’en seraient doutés.

Réveil tout doux avec un petit dej’ bien copieux. Au menu : chocolat, lait, céréales, toast, beurre, confiote, fruits ; et tout cela à volonté. Ça requinque un homme. Nous partons à l’assaut de la partie ouest de l’avenue 9 de Julio. Nous commençons par le congreso national puis empruntons l’avenue Corrientes (le Broadway argentin) afin de se rendre sur la place pour y voir le théâtre Colón. Direction ensuite le quartier chicos de Recoleta, où les maisons particulières et les boutiques LV ou encore Hermès pullulent. Nous sommes en plein Paris ! D’ailleurs, sur notre trajet, nous tombons sur l’ambassade de France, un bâtiment magnifique.

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Nous sommes le 14 Juillet et plusieurs décorations sont présentes à cet effet. Un peu plus loin, nous visitons le cimetière de Recoleta (le plus célèbre d’Amérique du Sud selon le routard). C’est le père Lachaise argentin, et plusieurs grands noms y sont enterrés dont la fameuse Eva Perón. Pour les incultes, rendez-vous sur Wikipédia.

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Les caveaux sont immenses et démesurés, et quelques modestes ont érigé des statues d’eux-même en amont de leur mort tragique. C’est swag. Nous avons dû effectuer une bonne dizaine de bornes depuis le début de la journée, c’est donc pourquoi il est justifié pour nous de prendre un Mac do. Comme d’hab, nous laissons les gros sandwichs aux riches et dégustons nos petits cheeseburgers ou poulet junior. C’est très dur. La digestion après un début de journée comme cela nous fait très mal, mais nous trouvons tout de même la motivation pour aller au musée des beaux-arts juste à côté. C’est un petit El Prado comme à Madrid. Les œuvres datant du Moyen Âge sont toujours aussi moches, mais nous apprécions tout de même quelques tableaux de Monet, Van Gogh ou Gauguin.

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Nous assistons d’ailleurs à une scène culte lorsque deux petites rabzas entrent dans la salle. Une de ces deux grandes gueules sort de nulle part un – « Hey azi j’suis sûre c’est un Monet y’a pas moyen » – « Mais nan t’es sérieuse comment t’as su ? » – « Bah c’est comme ça cherche pas ». Magnifique. En fait c’était marqué en gros. Trop heureuse de faire sa belle, ça nous a bien fait marrer. Nous sortons de là avec un esprit artistique assez développé mais cela ne nous aidera pas à faire le chemin du retour. Nous marchons encore et encore et parvenons enfin à l’hôtel pour une session film/dodo.

Nouvelle journée sur la capitale et nouveaux quartiers à découvrir. C’est vers Puerto Maduro, le nouveau quartier à la mode, que nous emmène ce temps ensoleillé. Refaite à neuve, cette zone comprend plein de restos, bars et appartements situés dans des docks. C’est vraiment réussi. Très sympa comme balade pour flâner autour du pont de la mujer.

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Nous profitons d’être ici pour y réserver un billet de ferry via Buquebus pour aller à Colonia en Uruguay le lendemain. C’est un immanquable selon M. le routard et puis cela nous permettra d’ajouter un pays à notre escarcelle. Petit détour ensuite par la poste pour acheter des timbres. Nous sommes numéro 922 et le panneau affiche 805. Merde ! En fait, la machine n’arrête pas de déconner et un mec est obligé de gérer les passages de numéros manuellement. Superbe ambiance, tout le monde rigole. Nous prenons ensuite un taxi pour aller au quartier de La Boca, sûrement le plus connu. Il est fortement déconseillé d’y aller à pied, sinon c’est braquage quasi-assuré. D’ailleurs, le chauffeur nous prévient tout de suite de ne rien mettre à l’arrière de nos poches de pantalon. La Boca est le quartier où le tango est né. Les maisons multicolores et l’ambiance sont agréables mais ça reste un énorme repère à touristes. Tout le monde t’alpague et cherche à te tirer des thunes par n’importe quel moyen. Nous regardons quelques danses et prenons quelques photos mais quittons relativement rapidement le caminito.

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Du bout de la rue, nous apercevons la fameuse Bombonera, le stade de l’équipe de Boca Junior où a vu naître un certain Diego Armando Maradona. Ce mec, aussi con soit-il, est un véritable dieu dans le pays. C’est assez incroyable. Nous en profitons donc pour faire la visite du musée et du stade. C’est un lieu chargé d’histoire, un paquet de top players sont passés par ce club, c’est beau. La pelouse est tellement proche des gradins que l’ambiance doit y être énorme les jours de matchs.

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Le stade est tellement décrépi et typique de l’Amérique du sud qu’il en devient très attachant. Poétique. Encore une journée bien chargée qui se finit tranquillement à l’hôtel à papoter avec les gens.

Top départ à 7h00 pour aller choper le ferry. Nous balisons un peu en sortant de l’hôtel lorsque nous ne trouvons pas de taxi, mais après quelques minutes d’angoisse, nous arrivons à en attraper un. Trop de stress pour nous à cette heure-là, c’est chaud. Après une traversée d’une bonne heure, nous voici en Uruguay. Nous nous rendons directement dans le barillo historico, où plein de voitures anciennes toutes mignonnes se baladent dans les rues, c’est sympa.

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Nous montons tout en haut du phare afin d’avoir une vision d’ensemble du village historique. Sacrée bataille pour redescendre. Nos cuisses sont laminées, on a des crampes et tout. Incroyable, même sur doctissimo on n’a pas trouvé la solution. Peut-être que le physicien vannetais peut nous aider à ce sujet. Flâner est le maître-mot ici : pas grand-chose à faire dans le coin mis à part apprécier les petites maisonnettes.

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Mais bon, on commence à connaître. Nous tombons au hasard sur une superbe galerie installée dans une maison de colon portugais. L’artiste fait de très belles aquarelles, mais malheureusement, tout achat est impossible. Ça prendrait un peu trop de place dans nos backpack… Après avoir déambulé dans tous les recoins, nous nous installons au resto. Un peu cher à notre goût mais comme c’est un lieu touristique, normal de se faire enfler. Nous repartons par le bateau de 15h30 un peu déçus. C’était sympa mais ça ne valait pas les 60€ de bateau. Pas de quoi en faire des tonnes quoi. Vous devez vous demander comment est-il possible que nous n’ayons pas encore fait la fiesta ici au bout de 4 jours. Enfin, c’est l’heure pour nous de reprendre du service. Nous commençons l’alcoolisation sur le roof-top mais avons un mal fou pour nous décider dans quel night-club nous voulons aller. Nous finissons par trouver un compromis pour aller au « Kiko ». Nous sortons avant dans un bar pas loin pour entonner quelques chants de gunners tels que « Viera ohohohoh, Viera ohohohoh, he comes from Senegal, he plays for Arsenal » avec notre pote indien-anglais Nardin. On le surnomme ainsi car nous n’avons jamais réussi à retenir son prénom. C’est parti pour le Kiko. Située à Palermo, cette boîte est grande mais sans charme, et nous ne faisons pas vraiment de rencontres. Cette tristesse nous pousse donc à carotter encore plus de verres que d’habitude. Fallait être plus sympa, c’est l’jeu.

C’est une journée enfin au calme qui se profile. Nous n’en branlons pas une. Sev l’informaticien nous trouve un moyen d’aller plus vite sur l’Internet. En fait les hôtels brident les clients afin de s’assurer d’avoir toujours une bonne connexion pour eux. C’était sans compter sur le petit filou. Cela nous aide énormément en termes de téléchargements de films et séries pour la suite de l’aventure, trop bien. C’est le seul événement de la journée mais c’est quelque chose d’exceptionnel.

Grâce à notre nouvel Internet super puissant, nous consacrons notre dernière journée à bosser sur le blog. Nous sommes vraiment à la bourre et il serait temps d’en finir avec l’Océanie… C’est chose faite en fin de journée. Vous n’imaginez pas le temps qu’il faut pour tout mettre en place les amis. Des dizaines d’heures à nous deux sont nécessaires par pays. Entre écriture des articles, tri des photos, correction, mise en place des textes, des photos d’accompagnement, l’upload des photos, la galerie… Nous ne sommes pas vraiment en vacances au final. En tout cas, les prochains jours s’annoncent difficiles. Nous devons partir à l’aéroport à 3h du mat’. Super horaire ! Nous avons deux escales avant d’arriver à La Paz en fin d’après-midi. La fatigue + l’altitude va sûrement avoir raison de nous.

Nous remercions l’Argentine pour son accueil. À vrai dire, nous nous sommes un peu fait avoir par cette satanée coupe du monde mais bon, nous le savions d’avance. Nous avons essayé d’organiser au mieux notre itinéraire en fonction des différents matches. D’un côté, ce n’est pas tous les jours qu’il est possible de vivre une coupe du monde en totalité en Amérique du Sud. Pour finir par un petit mot doux là-dessus, Messi, dans ton cul.

2 réponses pour “Argentine – Buenos Aires

  1. Le physicien vannetais

    Pour les crampes, avez-vous essayé la glace pour que le muscle se contracte et prenne un peu moins de place? (en dehors des wiskys sodas, pas facile d’en avoir quand on voyage). Ou mettez un peu plus de chlorure de sodium (Na++Cl-) dans votre alimentation (mais je crois que vous salez déjà abondamment). En fait dans votre cas, il faut mieux rechercher la cause de vos crampes : soit vos longues marches, où vous ne trouvez plus votre hôtel, soit, selon le Docteur Eric Jousselin, (médecin du sport), vos crampes sont liées à « une mauvaise alimentation (abus d’alcool), et à une mauvaise hygiène de vie sur le plan nutritionnel (Mc Do trop fréquent) ». Ce n’est pas à exclure, à vous lire, mais personnellement je pencherais plutôt pour le syndrome du mateur de foot. Séverin a déjà l’expérience de l’Osgood-Schlatter, très fréquente chez le jeune a-mateur de foot, mais celle du moins jeune mateur de foot, cause un syndrome des loges, les muscles restant atrophiés en bas du canapé (puis du bus, puis de l’avion). Remède : Appuyer sur « éteindre », puis mettre les jambes en hauteur, ou faire appel à une kiné du sport, qui par bonheur vous rejoindra dans quelques jours avec une interprète espagnole, maintenant que vous vous êtes bien imprégnés de la langue de Cervantès (ou de Messi, mais si, je sais que vous préférez !).
    Le physicien vannetais.

  2. Le physicien vannetais

    Merci d’abord pour tout le temps passé sur le blog pour que vos textes et photos soient si appliqués. Je comprends maintenant pourquoi les mails soient si rares.
    Votre passage en Argentine lors de la coupe du monde ne peut me laisser indifférent, et le physicien vannetais va se laisser aller à quelques confidences. En effets sans le foot, sans l’Argentine, il n’y aurait sans doute pas de blog-trotter nommé Séverin sur cette bonne vielle planète, puisque Domi et Olivier se sont rencontrés dans le « COBA » de Saint Brieuc. Mais c’était quoi un « COBA » ? Pardonnez-moi d’être un tout petit peu long cette fois-ci, et lisez ce qui suit :
    En 1978, l’Argentine, où sévit alors la loi martiale imposée par Vidéla, organise la onzième édition de la Coupe du monde de football, ce qui n’est pas sans rappeler l’édition de 1934 de l’Italie fasciste. En effet en 1976, le général Vidéla avait organisé un coup d’état militaire pour s’emparer du pouvoir d’Isabel Perõn. Dès lors, les militaires engagent un combat sans répit à toute opposition au régime.
    Durant l’ère Vidéla, on estime à 30 000 le nombre de personnes assassinées par le régime ou disparues. Les méthodes d’assassinat et de disparition des cadavres varièrent des « vols de la mort » pendant lesquels les disparus étaient jetés en bas d’un hélicoptère au milieu du Rio de la Plata, aux pelotons d’exécutions, fosses communes, tombes anonymes, incinérations, etc… En raison de la disparition du cadavre, le décès de la personne était nié par les autorités. S’il s’agissait d’une femme enceinte, on attendait parfois l’accouchement, afin d’enlever ensuite le bébé. On le remettait habituellement à des couples stériles de militaires. Dans plusieurs cas, les « parents adoptifs » participèrent aux assassinats des parents biologiques des enfants.
    A l’époque, l’opinion internationale était déjà sensibilisée au problème des violations des droits de l’Homme en Amérique du sud et des milliers d’exilés chiliens réfugiées en Europe tentaient de faire connaître l’ampleur des violences commises. En 1975, l’Assemblée générale de l’ONU reconnaît l’existence d’une torture institutionnalisée par Pinochet au Chili (Domi, la maman de Sev, en parle dans un commentaire précédent laissé sur votre blog).
    En Europe, Videla ne laisse pas indifférent et certains joueurs refusent de se rendre en Argentine (les Hollandais Cruyff et Van Hanegem).
    En France se crée un COmité pour le Boycott de la coupe du monde de football en Argentine (COBA) qui tente de convaincre joueurs et dirigeants de ne pas se rendre sur le sol argentin : « on ne joue pas au football à côté des centres de torture ». Se manifestant par des affiches, des dessins et autres types d’illustrations, le COBA organise aussi des réunions pour justifier son action en s’appuyant sur des écrits de journalistes argentins par exemple ou d’exilés. Séverin pourra retrouver dans son héritage une affiche réalisée pour notre groupe de St Brieuc, par André Marzuk devenu un peintre décorateur célèbre à Nice. Ah militante jeunesse ! Ci-dessous, une autre affiche réalisée par le COBA de Paris (Si elle ne passe pas sur le blog, je l’envoie sur le gmail de Sév. Le texte de l’affiche : « Lorsque vous applaudirez le onze de France, les acclamations couvriront les bruits des personnes que l’on torture »).
    Mais le COBA n’a pas réussi à convaincre le monde du football, aucune nation n’a boycotté l’épreuve.

    L’Argentine, après avoir tenté de manipuler le tirage au sort, arrive jusqu’en finale de manière plus ou moins normale (soutenu par un public inconditionnel et des décisions arbitrales parfois très litigieuses) et remporte le trophée face aux Hollandais privés de Cruyff (joueur aussi célèbre que Platini ou Maradona qui avait boycotté l’épreuve).
    Comme Mussolini, Vidéla, qui avouait en public ne pas aimer le football, donne à la victoire de l’équipe argentine une signification politique en défilant aux côtés des joueurs après s’être servi de la fièvre nationaliste qui montait dans le pays suite aux résultats de l’équipe nationale.
    L’appel du COBA a au moins eu un résultat, celui de voir ses messages relayés par les médias et donc d’avoir pu dénoncer devant l’opinion publique internationale le régime de Vidéla. Ce dernier a été jugé en 1985 lors du procès de la junte et condamné à une peine de prison à perpétuité. Il décède le 17 mai 2013 en prison.
    Entre 2004 et 2007, le président Néstor Kirchner et le maire de Buenos Aires, réalisèrent la construction d’un espace de commémoration des crimes de la dictature dans des anciens centres de détention. Des fouilles sont d’ailleurs encore en cours sur le site de l’ex-Centre de détention Club Atlético. Ce centre clandestin de détention était situé près du Quartier de La Boca. Son nom vient de la proximité du Club de foot Boca Juniors. Celui dont vous parlez à propos de Maradona !
    Les journaux papiers ou télévisés français, belges allemands, ne parlent que de commémorations actuellement, mais la mémoire est très sélective. Par exemple, quand on parle du 11 septembre, ce n’est jamais celui où Pinochet fit du Chili, en 1973, une dictature pendant près de 17 ans, après avoir renversé Salvador Allende, lui élu démocratiquement (Il s’est suicidé ce 11 septembre, pour ne pas abdiquer devant la junte, et aujourd’hui sa fille est, je crois, présidente du sénat chilien).
    Quelles leçons ? Aujourd’hui Syrie, Ukraine,Gaza,Irak…..

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