Pérou – Puerto Maldonado

Le car de nuit pour Puerto Maldonado n’est pas vraiment une réussite. Val passe un bon bout de temps aux chiottes à gerber. Gastro ou intoxication ? Nous ne le saurons jamais. De plus, un énorme orage s’abat, ce qui ralentit inexorablement notre vitesse. Nous restons bloqués durant 3h au petit matin à cause de nombreux arbres tombés sur la route. Encore une fois, nous arrivons avec 4h de retard, ce qui nous emmerde profondément, car cela modifie tous les plans de la journée. Après avoir rempli les formulaires au bureau de l’agence qui s’occupe de notre séjour, nous avons le temps d’aller prendre un petit dej’ avant que le bateau vienne nous chercher à 11h30. Nous rencontrons Beth et Sam, deux jeunes anglais qui font le tour en même temps que nous. C’est vachement des losers et nous n’avons pas grand-chose à leur dire. En plus, ils mangent des grosses glaces à 10h du mat´, c’est chaud. Nous embarquons dans une pirogue motorisée sur le fleuve « Madre de Dios » en direction de notre Lodge afin d’y déposer nos affaires. Trop cool de naviguer sur l’Amazonie. Dilmar, notre pilote, nous explique quelques trucs sur la faune et la flore des environs. C’est sympa mais il est vachement timide, c’est un peu con pour un guide. Il fait très très lourd (35°C, 90% humidité) et ce n’est pas pour nous déplaire, car on a plutôt caillé ces derniers temps. Gros bonheur lorsque nous arrivons sur les bords du Yakari Lodge Hostel. Notre bungalow est situé en pleine jungle et il est surtout super confort. On a rarement eu une maison aussi belle, nous sommes plus que ravis.

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Le cadre est vraiment magnifique. Nous passons directement au repas, où nous rejoignent plusieurs autres personnes revenant de diverses activités matinales. Comme c’est une eco-lodge, il y a un paquet de légumes de servi. La famille Eymin en aurait un peu bavé de toute cette verdure. C’est quand même super bon bien que la quantité de viande laisse un peu à désirer… Une petite après-midi pêche se profile. Nous sommes un groupe d’une quinzaine de personnes à se diriger sur les bords du fleuve afin d’attraper un gros poisson. Le matos est plutôt sommaire (un bâton, du fil et un hameçon de pd) et les débuts compliqués. Après 20 minutes, le premier à sortir quelque chose est Val. C’est un crabe de 1,5 cm. Le spot n’est pas bon et Johan, le guide pour l’aprèm, décide de changer d’endroit. Stratégie payante. Sev sort un poisson-chat pour ouvrir le bal. S’en suit un festival de notre part, nous sortons des bestiaux à tire-larigot. Les autres ne peuvent que constater notre talent et nous prennent naturellement en photo lorsque nous sommes en pleine action. Belle détente après cette nuit merdique. La nuit commençant à tomber, il est temps de rentrer à l’hôtel. Nous y rencontrons Lucie, un porc-épic domestique. C’est la mascotte des lieux. Elle est trop mignonne car elle veut toujours se faire caresser. Elle traine tout le temps avec un chien, ils ne se lâchent jamais, comme deux bons acolytes. Johan nous explique ne pas trop savoir s’ils sont copains ou amoureux, il trouve ça bizarre. Du coup, nous avons d’emblée notre théorie là-dessus. Nous pensons que le chien est amoureux de Lucie car elle est super sympa mais qu’il n’y a pas réciprocité ; Lucie le considérant simplement comme un bon copain. Voilà voilà. À 18h30, petite visite nocturne dans la jungle environnante. L’occasion pour nous de voir nos premiers gros insectes. Les tarentules sont énormes, c’est très flippant, et nous découvrons tout plein de bestioles dégueulasses avec des ailes et des pattes.

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Nous faisons plus ample connaissance avec le guide Johan, un Amérindien d’origine, maîtrisant superbement le français. Après tant de frayeurs, le souper nous fait plaisir. Une énorme tarlouze fait partie des serveurs. On se marre beaucoup. Nous avions rarement vu quelqu’un d’aussi efféminé dans notre vie. Surtout que c’est un gros péruvien.

Après une superbe nuit bercée par les sons de la jungle, direction le lac Sandoval. Nous prenons tous avec nous un sachet repas contenant des fruits et un plat « surprise » avant de partir. Nous commençons la journée par une marche d’une bonne heure où nous apercevons de magnifiques papillons, insectes et quelques singes mono qui font dodo sur les branches. Nous prenons place ensuite sur une pirogue afin de nous rendre sur le lac. Les paysages sont vraiment superbes, c’est l’Amazonie comme on le voit à la TV. Nous voyons plein de tortues, de chauves-souris diurnes et d’oiseaux. Il y a des cormorans, des hérons, des king-fisher à profusion mais aussi des perruches, perroquets ou encore des faisans de toutes les couleurs. Superbe diversité.

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Lorsque nous nous dirigeons sur une rive pour y aller déjeuner, nous apercevons au loin un immense caïman noir. Il est à moitié immergé, c’est dur de se rendre compte de sa taille réelle. Nous arrivons tant bien que mal à le prendre en cliché, mais ça reste un peu flou. Selon Johan, il mesure 4 à 5 mètres, belle bête. Le repas-surprise est en fait un plat typique indien. Entouré dans une feuille de bananier, c’est du riz au safran avec poulet, poisson et fruits secs qui nous sont offerts. Magnifique. Une petite sieste hamac s’impose pour la digestion, après quoi, nous emprunterons la route du retour. Une super baignade s’improvise dans le lac. Ce n’est pas dangereux étant donné que les caïmans n’attaquent pas les humains. Trop de crainte pour eux. Pourtant, comme le dit Johan, tu peux être sûr qu’ils t’observent tous de pas très loin sous l’eau. Presque tout le monde s’y met, c’est sympa. La température dépasse facilement les 30°C et il n’y a presque pas de petites bêtes qui viennent nous embêter. Trop bien. Nous apercevons sur la fin du chemin en pirogue des bébés caïmans cachés sous des branches ainsi qu’une grosse paire d’yeux non loin de là. Maman veille.

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Pleins de petits mono écureuils et de capucins nous accompagnent lors de notre retour à pied. C’est l’heure de jouer apparemment et ils s’en donnent à cœur joie. Ça fait plaisir. Nous avons droit à une petite pause de 2h à notre retour dans la Lodge avant la dernière activité nocturne. À 18h30 pétante, comme la veille, départ pour découvrir la faune de nuit. Cette fois-ci, c’est en bateau, le but étant d’observer des petits caïmans et d’en attraper un. Avec un spot lumineux, Johan éclaire la rive et fait signe au bateau de s’arrêter lorsque le filet de lumière croise des yeux rouges. Ils n’ont pas vraiment la taille de ceux dans le lac. Ceux-ci font rarement plus d’un mètre, c’est des minus. La pleine lune bute un peu la recherche, car les crocros nous voient arriver de loin et plongent souvent avant que nous ayons pu les atteindre. En fin de session, un des Péruviens arrive à attraper un spécimen. Cela nous permet de lui faire quelques caresses mais c’est un peu triste car il pleure beaucoup. Le mec le remet ensuite sur la terre ferme mais se fait chiquer le pied. Il fait le warrior genre ça fait rien mais passe le retour assis en se touchant le talon. La petite coquine est de nouveau au service du soir pour notre bonheur. Une soupe, un beau plat de viande accompagné de purée ainsi qu’une crème au chocolat font bien l’affaire.

Le rendez-vous à 4h30 du matin fait mal au derche. Pas le choix, nous devons être à 6h sur la colpa. C’est un « mur » de minéraux où viennent se nourrir les arras, perruches et perroquets du coin. Cela nous permet en plus d’assister à un super lever de soleil sur le fleuve. Spectacle fabuleux lorsque des centaines d’oiseaux se précipitent sur la roche. Ils sont de toutes les couleurs et braillent à fond les ballons.

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Ça gueule d’autant plus lorsqu’un vautour vient essayer d’en chasser quelques-uns. On en voit des choses ici dis donc, dame nature nous régale. Nous rentrons pour le petit déjeuner à 8h. Un français, Philippe de son patronyme, se joint à notre troupe. C’est un gros teufeur vivant à Barcelone depuis 7 ans, mais il en a tellement marre de la tize et de la dope qu’il a décidé de couper les ponts avec ses potes afin de voyager pendant 16 mois. Bel artiste. Nous partons ensemble pour la prochaine activité qui est une tyrolienne au milieu de la forêt. Le cadre est sympa mais c’est plutôt léger en adrénaline, elle doit faire 100 mètres à tout péter. Grâce à cette dernière, nous rejoignons une plateforme autour d’un arbre, située à 35 mètres de hauteur. L’occasion d’apercevoir un énorme Macao orange et bleu non loin de là. Après un nouveau retour au camp de base pour le déjeuner, direction l’île aux singes. Quelques monos viennent nous accueillir pour essayer de nous taxer de la bouffe. Ceux-ci n’ont peur de rien. En fait, ce sont d’anciens singes capturés pour usage domestique qui ont été remis en liberté. Ils connaissent donc le business.

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Avant que l’aventure touche à sa fin, nous effectuons une superbe session baignade, beach-soccer et volley dans le fleuve avec les Péruviens. La grande folle fait un caprice pendant notre match de volley et tape très fort dans le ballon. Sev s’en prend pas mal dans la gueule du coup. Une osmose se crée entre eux, c’est beau à voir. Concernant le match de foot, les Européens démontent les locaux sans soucis. Nous faisons sans Philippe pour la deuxième mi-temps, le mec est totalement cramé, à deux doigts de la syncope’. Pas le temps de sécher, nous passons récupérer en speed nos sacs et nous dirigeons vers Puerto Maldonado. Johan y va aussi, c’est weekend pour lui et il rentre chez lui pour voir sa femme et ses enfants. C’est l’occasion de discuter avec lui sur le bateau pendant une heure. Nous lui posons plein de questions concernant sa vie, son parcours, son ressenti sur le tourisme…etc. Très sympa les mecs. Une fois arrivés sur PM, nous mangeons un gros plat de pastas avant de prendre une nouvelle fois un car de nuit. Retour sur Cusco pour enfin y effectuer le Machu Picchu. Une tempête tropicale d’une force monumentale s’abat une nouvelle fois sur la route. La clim’ est en panne et tout le monde suffoque. C’est atroce. Il pleut tellement dehors qu’avec la chaleur dans le car, la condensation est énorme. Tout est trempé, c’est super agréable pour essayer de pioncer. Ce n’est qu’une nuit de merde de plus tout compte fait.

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