Thaïlande – Bangkok

Nous arrivons à l’aéroport de Bangkok aux environs de 22h. Direction la taxi station où un drôle de chauffeur nous prend pour la Tavee Guesthouse, près de Kao San Road, recommandée par le routard. Le mec est totalement bizarre ; Le sentant hésitant au bout de quelques minutes, on lui demande tout simplement -«Do you speak english ?» -«No». Déjà c’est plutôt cool. Puis -«But you know where is Tavee Guest House ?» -«Hummm No». Bon, tu commences à nous emmerder sévère. Et voilà que débute un trajet d’une heure (au lieu de 20 minutes) où le mec s’arrête partout dans la ville pour demander aux passants s’ils connaissent. Les gens lui répondent, il est content, mais il ne comprend toujours rien et ne sait pas où c’est. Les seules réponses à nos -«Is it ok now ?» seront «Ho yes gibsy gibsy gibsy» (un truc dans le genre). On n’a toujours pas trouvé ce que ça veut dire malgré qu’il nous l’ait dit à peu près cent fois. Bref, on commence à s’énerver et on y arrive enfin grâce à tout notre arsenal (map, guide, geoloc iPhone). Nous retrouvons le sourire lorsqu’on entre enfin dans cette fameuse guesthouse qui est vraiment mignonne comme tout. Un petit Pad Thaï direct et au dodo.

Après une bonne nuit, on se lance à l’assaut de cette mégalopole en empruntant la Samset road direction Kaoh San Road (la grande rue marchande où l’on trouve toutes les merdes contrefaçonnées du monde). On y achète avec bonheur un routard du Laos et Cambodge de 2014, pas l’original bien sûr mais un livre de photocopies reliées. Plutôt pas mal comme fake.
Nous prenons ensuite la direction du palais royal et ses temples du Wat Phra Kaeo pour une visite bien chère (+ de 10€ / pers). On en a un peu pour notre argent lorsque l’on contemple la beauté des lieux. Les temples à l’entrée sont parmi les plus réputés de la religion bouddhiste et l’architecture du palais est magnifique. Nous devons évidemment porter le traditionnel saroual, comme d’habitude, puisque nous avons toujours nos shorts de tafioles qui ne descendent pas en dessous des genoux.

Palais royal

Palais royal

Nous poursuivons notre route dans Chinatown et le quartier Indien. Véritable bordel de ventes en tous genres, mais ça vaut quand même le coup d’y passer.
Retour au bercail en fin d’aprem afin d’organiser notre départ pour le Cambodge et Siem Reap (ville à proximité des fameux temples d’Angkor). On y rencontre Sandro et Valentine, un couple Franco-Belge qui veut également y aller en même temps que nous. Nous y trouvons la meilleure solution, à savoir le car, et décidons de booker ça dès que possible.
Plutôt sympas, il s’avère que ces deux tourtereaux sont un peu chiants et très roots. En gros, ils font 6 pays du Sud Est de l’Asie en 10 mois. Ils ne comprennent pas comment nous pouvons visiter autant de pays dans le même laps de temps… Mais quand ils nous racontent qu’ils peuvent rester plusieurs semaines dans des trous pommés « pour se reposer » ou alors qu’ils sont passés déjà 4 fois à Bangkok, on se rend vite compte qu’ils ne sont vraiment pas actifs. Chacun son truc.

Deuxième et dernier jour à Bangkok, nous repassons à Kaoh San Road afin d’y envoyer nos cartes postales (celles de la Birmanie pour Val, un peu de retard…) et décidons de prendre un bateau afin de découvrir Bangkok sous un autre angle, via le fleuve Chao Phraya à l’embarcadère Thewet, afin de se rendre à la maison de Jim Thomson. Assez bourrin et surpeuplé, ce bateau nous permet pour 0.30€ de profiter autrement de la ville. Arrivés à Sathon, il est temps pour nous de prendre le tramway aérien qui traverse tout le quartier des affaires. C’est de là que nous commençons à apercevoir des marrées humaines de manifestants et des tentes disposées partout à même le béton. Nous descendons à la station National Stadium et assistons au spectacle typique de notre chère France : les manifestations. Ça gueule, ça siffle, ça chante. Cela paraît plutôt pacifique au premier abord.

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Après s’être faufilé dans ce barouf, nous voilà arrivés à la fameuse Jim Thompson’s House. Allez un peu d’histoire pour votre culture :

Jim était un ancien espion de l’OSS qui travaillait au Vietnam pour le compte des États Unis. Tombé amoureux de l’Asie, il décide de s’installer à Bangkok et y fait édifier la plus belle maison de la Thaïlande, en plein centre-ville, tout en respectant les chartes de constructions et de cultures locales. Jim était un passionné d’art et y fit l’achat des plus beaux objets d’Asie : lampes, statues, vaisselle, poteries…etc. Achetés à prix d’or, ces objets en teck, bois, marbres constituent l’intégralité de sa maison. De nombreuses personnalités telles que les Kennedy y venaient régulièrement pour se ressourcer (paix à ton âme John Fitzgerald, c’est pas cool ce qui t’est arrivé).

La visite se fait en Français avec une petite Thaï sympa qui fait des blaguounettes. La maison est magnifique, c’est vraiment sympa. Le jardin aussi est très verdoyant et très beau.

Maison de Jim Thompson

Maison de Jim Thompson

Petit détour ensuite par le centre commercial MBK (le plus grand de cette région d’Asie), qui ne nous impressionne pas (pour des passionnés comme nous) comparé à ceux de Hong Kong.
Il est temps de rentrer en prenant un autre bateau et en effectuant une petite marche. Nous tombons par hasard sur la place de la démocratie. C’est ici que la veille, le 18 février, il y a eu 5 morts et plus de 30 blessés graves. Soit la journée la plus meurtrière du conflit. Toute l’avenue est jonchée de voitures, cars, engins de chantier retournés. C’est un peu l’apocalypse mais pas dangereux, étant donné que les manifestants ont été délogé la veille… À un jour près, à la même heure, nous n’aurions peut-être plus été de ce monde. Estimez-vous heureux dorénavant de nous avoir dans votre vie. Quelques rebelles montent tout de même sur les épaves avec un énorme drapeau Thaïlandais pour se prendre en photo. C’est beau le patriotisme.

Place de la démocratie

Place de la démocratie

Après toutes ces émotions, il est temps de rentrer afin de préparer le sac pour le lendemain (levé à 6h du mat´). Nous y retrouvons d’ailleurs nos « nouveaux potes » Valentine et Sandro et parlons des dernières formalités.

Bye Bye la Thaïlande !

Cambodge – Siem Reap

Après trois grosses semaines en Thaïlande, nous sommes d’attaque pour la visite du Cambodge. Notre première appréhension concerne les visas. En effet, que ce soit sur l’Internet ou par voie orale, nous sommes prévenus que ça ne va pas être simple de payer « seulement » 20$ (prix officiel). Nous savons que tout d’abord, le bus s’arrête à quelques kilomètres de la frontière en disant « c’est ici, vous devez payer le visa 40$ maintenant », qu’ensuite il faut payer un supplément pour le tampon, et qu’enfin, si on voyage le week-end il faut lâcher quelques billets aux flics pour passer. On est prêts à ne rien lâcher ! Au final pas vraiment besoin de se battre, nous informons juste le conducteur du bus que nous ne paierons rien avant la frontière. Il tente tout de même l’arrêt classique à 10 minutes de là, mais sait bien qu’il n’est pas tombé sur les bons pigeons aujourd’hui. Arrive alors la fameuse étape du visa – tampon. Encore une fois, nous sommes étonnés de ne pas avoir à négocier. 20$ pour Sev et 22$ pour Val qui ne trouvait plus sa photo d’identité. Un peu long (2h) car les douaniers ne sont pas pressés, mais c’est le jeu. En réalité, la compagnie de bus que nous avons choisi nous évite toutes les emmerdes. En effet, c’est l’une des seules qui ne nous fait pas changer de véhicule aux abords du Cambodge, et qui nous fait ainsi éviter tous les racoleurs. Du coup on est contents.

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Nous arrivons après un voyage de presque 10h à Siem Reap, passage obligatoire pour la visite des fameux temples d’Angkor. Ayant oublié la belle copie du routard Cambodge-Laos à Bangkok, nous faisons le tour des book shop pour trouver un guide similaire. Nous finirons par acheter un faux Lonely Planet en anglais qui nous guidera jusqu’à la sympathique et peu coûteuse Prohm Roth Guesthouse. En sortant manger dans la rue le soir, nous nous rendons vite compte que l’endroit est propice à la fiesta : des bars, des boîtes et plein de jeunes dans la rue, cool.

Le lendemain matin, direction les temples d’Angkor avec un tuk tuk négocié sec (on commence à être bons). C’est parti pour une belle journée découverte, en effectuant la « petite boucle », qui nous permettra d’apprécier Ta Prohm (le temple de Tomb Raider et Indiana Jones), Ta Keo (temple-pyramide), le monastère bouddhiste de Banteay Kdei, et Bayon, le temple du légendaire roi Jayavarman VII. On en prend plein les yeux, c’est vraiment magnifique. Le conducteur du tuk tuk nous laissant la liberté de prendre notre temps dans chaque lieu, nous sortons un peu des sentiers battus afin de profiter de la beauté d’Angkor sans tous les touristes. On apprécie vraiment le moment, même si nous dérangeons peu être un habitant du coin, à savoir un gros serpent blanc (« not good » selon Jacky que nous présenterons dans quelques lignes).

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Après cette journée d’émerveillement, nous rentrons à Siem Reap et prévoyons la suite de notre séjour cambodgien. Nous décidons finalement de rester encore 2 nuits ici avant de rejoindre la capitale Phnom Penh. On a donc le temps de faire la fête le soir même ! Nous y rencontrons le fameux Jacky, tuk tuk driver, 36 ans, et qui n’arrive à racoler personne. Nous sympathisons avec lui et planifions notre journée du lendemain, à savoir pêche et découverte de son village natal à quelques kilomètres de là. On a vraiment hâte !

Réveil plutôt compliqué après une courte nuit et quelques renvois de Jägermeister, mais nous sommes quand même d’attaque pour cette journée qui s’annonce palpitante. Jacky est bien au rendez-vous devant notre guesthouse, et nous nous lançons à l’aventure. Après seulement quelques minutes de route, il n’y a déjà plus aucun touriste : on est sur la bonne voie ! L’heure de tuk tuk est plutôt compliquée physiquement au vu de l’état de la route, mais le paysage est superbe. Nous nous arrêtons et continuons à pied pour accéder à un bon spot de pêche. Jacky nous enseigne sa passion ; il est tellement heureux d’être là, et il partage sa joie, ça fait du bien ! Nous reprenons la route pour rejoindre son petit village, où tout le monde est sympa. Des grands « coucou » et des sourires sur tous les visages, nous sommes vraiment gâtés. Nous rencontrons la mère de Jacky et pas mal de ses potes. Ça papote, ça rigole, il y a vraiment une bonne ambiance qui règne ici.

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Nous passons par l’école volontaire pour partager un bon moment avec des enfants, mais malheureusement, celle-ci est vide vu qu’on est samedi… Dommage. Après avoir mangé deux sandwichs à la langue de porc pour 1$, il est temps de rentrer. Nous terminons la journée dans les rues de Siem Reap où une grande parade attire l’attention de la ville.

C’est la fin de notre séjour dans cette ville. Direction Phnom Penh maintenant !